Cette femme est morte depuis 16 ans. Elle avait deux générations de plus que toi. Et pourtant, toi, de tous les visages mystérieux que compte cette planète, il a fallu que tu tombes pour celui là. C’est peut être ou bien sûrement après avoir lu sa biographie que l’intérêt est monté. Il y avait autre chose qu’un beau visage. Il y a toujours caché sous le papier glacé et les expressions figées tout un mystère, un monde de mystère. De quoi remplir des journées entières. De quoi remplir des rêves. De sa vie tu n’as appris au fond pas grand chose à part un mariage raté, les faits d’une courte carrière et une amitié célèbre. Pas plus. Deux lignes parmi d’autres ; mais qui font la différence ? Tu peux me le dire si elles font la différence. Ou bien est-ce autre chose ? Apres tout, ces lignes en elles même ne signifient pas grand chose, rien que tu n’aies déjà vu ailleurs.
Mais dans ce cas elles prennent progressivement un sens. Je ne crois pas que tu arrives à te mettre dans sa tête, à la comprendre vraiment, ni même que tu cherches à la comprendre. En fait, elle reste un mystère entier pour toi.
- C’est vrai.
- Quoi ?
- Je dis c’est vrai, elle est un mystère pour moi.
- Elle t’obsède, pas vrai ?
- Bien sur qu’elle m’obsède. J’aurais du mal à le cacher d’ailleurs.
- Pourtant tu sais très bien que tu n’arriveras jamais à la comprendre. Du fait même que de sa vie tu ne sais quasiment rien, il n’en reste pas grand chose. Et l’image qu’elle a laissée derrière elle est pour toi dans ces deux films.
- Justement non. Cette image, je sais qu’elle est fausse. Du fait justement de ces deux lignes comme tu les appelles. Je sais bien qu’elle est complètement différente, que la vrai elle est ailleurs, inaccessible.
- Alors quoi ? Qu’est ce qui te motive dans tout ça.
- J’aurais aimé la connaître. Surtout je crois que j’aurais pu la sauver.
- Quoi ?
- Elle s’est suicidée. Tu dois le savoir. Je me dis qu’en la connaissant, j’aurais peut être pu la sauver.
- La sauver… La sauver de quoi ?Tu n’aurais pas pu la sauver d’elle-même. C’est impossible. Et puis tout ça s’est passé il y a longtemps.
- Justement, tout le monde a oublié. Je crois que personne en a parlé quand ça s’est passé et maintenant, personne ne sait. Tout le monde oublie si facilement en plus. Je sais que je ne peux plus rien pour elle. Mais je crois que le moins que je puisse faire c’est essayer de comprendre qui elle était. Le personnage était infiniment complexe. Mais si un jour j’arrive à la comprendre, peut être puis-je aussi comprendre qui je suis.
- Mais vous êtes à l’opposé tous les deux
- Je sais, je sais. Je sais aussi que je ne pourrais jamais savoir vraiment qui je suis comme je ne pourrais jamais savoir qui elle était. Même si je l’avais connu, je ne crois pas que j’aurais pu la comprendre, savoir qui elle était vraiment. Pourtant je reste convaincu que si j’arrive à découvrir quelque chose, à casser un morceau du masque je pourrais lâcher du lest, peut être même passer à autre chose.
- Pourtant tu ne sauras jamais pourquoi elle s’est jetée de cette fenêtre, pourquoi au fond elle a dit ce qu’elle a dit. Tu n’arriveras jamais à savoir ce qui faisait ses journées, ses nuits, ses rêves, ses cauchemars. Tu ne sauras jamais rien sur elle, si ce n’est quelques noms de maladies ou d’autres choses. Au mieux réussiras-tu à découvrir comment on la voyait. Pourtant là aussi il y a un cul de sac. Car comme tu le dis, elle était mystérieuse, et c’est pour ça que personne n’avait jamais je pense vraiment réussi à la comprendre. Tu resteras avec la même chose qu’au départ, y compris ce ou ces films qui sont à cent lieux d’aller là où tu veux aller. Au fond je pense que tu te sens proche d’elle, car comme elle, tu as l’impression que personne n’arrive à te comprendre ou n’arrive à aller là où tu vas.
- C’est faux : Je suis vide, il n’y a rien sous le masque.
- Ça c’est l’excuse que tu donnes à qui veut bien l’entendre. Si tu arrive à sauver cette femme, comme tu le dis, il te sera plus facile d’accepter le fait que des gens arrivent à te comprendre toi. Ce dont tu rêves, c’est que quelqu’un te comprenne. Et tu crois en retour que si tu arrives à comprendre cette femme morte il y a 16 ans, tu arriveras à comprendre aussi profondément quelqu’un d’autre.
- Je…
- Et puis il reste le rêve. C’était une femme magnifique, avec une personnalité profonde que très peu de gens ont essayé de percer. Et c’est vrai que qu’il ne reste quasiment rien d’elle. Sauf peut-être toi qui creuse là où personne ne creuse.













Comments
Vivement un texte plus long.
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私は神風の写真です。
This is my camera, there are many like it, but this one is mine !
my useless gallery ~> [link]
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