

La pierreLe réveil ne sonne pas ce matin. C’est le soleil qui entre directement dans la chambre, passant entre les toits et les cheminés qui le réveille. Il est étendu de tout son long sur son dos sur le grand lit, les bras en croix de chaque coté. Le drap blanc recouvre toutes ses jambes jusqu’au bas de son ventre.La pierre
Il ouvre les yeux, difficilement. Il regarde à droite et à gauche, se demandant presque où il est ; c’est à peine s’il reconnaît sa propre chambre. Le lit est vide à coté de lui. Sa femme n’est pas là, il ne sait pas où elle est. Il se souvient qu’elle n’était pas là hier soir, quand il s’est couché. C’est d’ailleurs la seule chose


CapucineCette femme est morte depuis 16 ans. Elle avait deux générations de plus que toi. Et pourtant, toi, de tous les visages mystérieux que compte cette planète, il a fallu que tu tombes pour celui là. C’est peut être ou bien sûrement après avoir lu sa biographie que l’intérêt est monté. Il y avait autre chose qu’un beau visage. Il y a toujours caché sous le papier glacé et les expressions figées tout un mystère, un monde de mystère. De quoi remplir des journées entières. De quoi remplir des rêves. De sa vie tu n’as appris au fond pas grand chose à part un mariage raté, les faits d’une courte carrière et une amitié célèbre. Pas plus. Deux lignes pCapucine


MeurtreJe retire le couteau de la plaie. Lentement.Meurtre
Sa chemise blanche tout à l’heure reflète maintenant le néon de l’arrière salle du restaurant. La lame résiste, je dois forcer pour la retirer. Au fur et à mesure qu’elle sort, elle se recouvre de rouge, un rouge puissant, fascinant. Quand elle sort, enfin, elle semble s’étirer en gouttes qui viennent s’écraser doucement sur sa veste alors qu’un tapis rouge envahit progressivement le carrelage.
Je suis à genoux, mes deux jambes écartées autour de lui, ma tête juste au-dessus de la sienne.
Il est allongé de tout son long, sur son dos, les bras étendus autour de sa tête. Ses yeux